La plus jeune maman du monde

Ce record n’est pas une performance : c’est un cas médical documenté, publié dans la littérature scientifique des années 1940, et qui relève de la puberté précoce.

La plus jeune maman du monde est Lina Medina, une femme vivant dans les Andes , dans le petit village de Ticrapo au Pérou. C’est en avril 1939 qu’elle a accouché, à l’âge de 5 ans, sept mois et vingt-trois jours, d’un petit garçon. Et, malgré les années, ce record n’a jamais été égalé, bien qu’une petite fille russe ait accouché à l’âge de 6 ans ! Ses parents, constatant une grosseur au niveau de son ventre, ont tout d’abord cru qu’elle souffrait d’une maladie rare et qu’elle avait une tumeur. Cependant, suite à une visite chez le médecin, le diagnostic fut sans appel : Lina était enceinte ! Son accouchement se passa plutôt bien, et elle nomma son bébé Gerardo, en hommage au médecin qui l’avait aidé.
plus jeune maman du mondeMais il faut savoir que la jeune fille avait eu ses premières règles à l’âge de 2 ans et demi seulement ! Son petit garçon fut élevé par la mère et par le père de Lina, et il n’apprit qu’à l’âge de 10 ans que Lina était en réalité sa mère. Mais le mystère de la conception reste entier : on ignore toujours si la jeune fille fut violée. Ne désirant pas parler de son enfance, Lina a refusé toutes les propositions médiatiques et les sollicitations des médecins.
Elle vit toujours, dans un quartier pauvre de Lima.

 

La plus jeune maman du monde
Illustration : La plus jeune maman du monde

Un cas clinique, pas un exploit

La puberté précoce est un dérèglement hormonal rare qui peut survenir chez de très jeunes enfants ; elle nécessite un suivi médical et un traitement pour limiter les conséquences sur la croissance. Les cas les plus extrêmes ont été décrits par des médecins, avec examen clinique et radiographies, ce qui leur donne une valeur documentaire. Ils ont aussi été, à l’époque, exploités par la presse, ce que la médecine contemporaine considère aujourd’hui comme une faute.

Il n’y a rien à célébrer dans ce genre de fiche, et il n’y a pas de record à battre. Le traitement éditorial correct consiste à rappeler le contexte médical et à ne pas transformer un drame sanitaire en curiosité.

Article publié dans Les Plus des Femmes , , .

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